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 Les bio-carburants, issus des produits agricoles, semblent être à première vue la solution miracle. Faire pousser de l'essence dans les champs, pourquoi n'y a-t-on pas pensé plus tôt !
Hormis le fait que cet "or vert" contribuerait à résoudre aussi les problèmes actuels de l'agriculture et à transformer les plaines de la Beauce et de la Brie en Texas européen, les bio-carburants présentent le gros avantage de ne pas être des énergies fossibles.
Malheureusement, toute médaille a son revers, et celui des bio-carburants liquides est de taille : il faut presque plus d'énergie pour les produire qu'ils n'en restituent ensuite dans les moteurs des voitures. En effet, il faut des tracteurs pour labourer, sèmer et traiter les champs de végétaux destinés à produire des bio-carburants liquides, des moissonneuses pour récolter, des camions pour emmener les végétaux dans les distilleries de production, des moteurs et des chaudières pour faire fonctionner ces distilleries, et des camions citernes pour alimenter les stations services. Tous ces engins et équipements ne fonctionent pas à l'eau de pluie ! 
La combustion des bio-carburants liquides produit, certes, moins de pollution que celle des pétro-carburants, mais leur production en amont en produit beaucoup plus.
Actuellement, les experts estiment que la production d'un litre de bio-carburant liquide nécessite une dépense d'énergie équivalente à l'énergie contenue dans 0,8 à 1,2 litre d'essence !
Le Brésil, qui avait fait, il y a une vingtaine d'années, le choix de l'éthanol pour faire rouler ses voitures, est en train actuellement de faire marche arrière et d'y préférer le gaz naturel.  
Un autre problème est qu'il n'y aura pas, sur notre planète, assez de surfaces cultivables pour assurer la production agricole nécessaire à la fois à l'alimentation humaine et à celle des voitures, le jour où le carburant "vert" sera utilisé par une majorité d'entre elles. Ceci entraînera fatalement une augmentation des prix des produits agro-alimentaires, créant de graves problèmes d'alimentation, surtout au niveau des pays les plus pauvres, et la nécessité de conquérir de nouvelles surfaces cultivables par une déforestation massive, ce qui aura des conséquences dramatiques sur l'équilibre écologique de la planète.
Ce phénomène est d'ailleurs en train de se vérifier avec la crise alimentaire qui commence à sévir dans les pays pauvres.
Pour résoudre ce problème, on nous annonce que d'ici 10 à 15 ans, on sera capable de produire de l'éthanol à partir des parties non-commestibles des plantes (tiges, feuilles,etc.) alors qu'aujourd'hui même on sait produire, et on produit même quotidiennement, du bio-gaz (voir ci-dessous) à partir de ces mêmes déchets végétaux ! "Un tien" ne vaut-il pas mieux que "deux tu l'auras" ? 

Le E85
,
destiné à remplacer l'essence, est un mélange de 85% d'éthanol (alcool) et de 15% d'essence. Corrosif, il nécessite des moteurs spécialement étudiés pour lui. Vendu à un prix au litre inférieur à celui de l'essence (autour de 0,80 €), il n'est pas tout à fait aussi économique qu'il n'y parait, car il est moins énergétique et les voitures roulant à l'E85 accusent une surconsommation de 25% à 30%.
Dans ces conditions, au niveau du coût, rouler à l'E85 équivaut à rouler avec de l'essence qui coûterait entre 1,00 et 1,04 € le litre.

Le diester®, ou bio-diesel, est fabriqué à partir d'huiles végétales. Bien que certains agriculteurs fassent tourner leurs tacteurs à l'huile de soja, son utilisation dans les moteurs Diesel modernes n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Sa viscosité est jusqu'à 10 fois plus élevée que celle du gasole, par temps froid il se solidifie plus rapidement et il attaque le caoutchouc naturel (joints, durit, etc..).
A ce jour, certains moteurs parmi les plus récents peuvent consommer du bio-diesel, mais uniquement en mélange dans le gasole et dans une proportion de 30%, pas plus. Ce n'est encore demain que les rues de nos villes sentiront bon la friture ! 

Le bio-gaz est produit par la fermentation, en absence d'oxygène, des matières organiques animales ou végétales. Cette fermentation s'appelle la "méthanisation" car le gaz produit n'est rien d 'autre que du méthane (toujours lui !). Facile à produire dans des petites unités de production, le bio-gaz est probablement une des meilleures solutions d'avenir. Déjà en Suède, des municipalités se sont équipées de méthaneries (c'est ainsi que l'on nomme les unités de production de bio-méthane) dans lesquelles elles produisent, à partir des déchets organiques  récupérés par la collecte des ordures ménagères, le méthane nécessaire à leurs véhicules de transport en commun.
Au Luxembourg, la municipalité de Redanges-sur-Attert a passé un accord avec les éleveurs locaux pour la récupération des fumiers avec lesquels elle produit du bio-gaz. Ce bio-gaz alimente un moteur accouplé à un alternateur qui produit l'électricité nécessaire au fonctionnnement de la piscine municipale. La chaleur dégagée par le moteur sert à chauffer l'eau des bassins.
Plus près de nous, en Savoie, la fromagerie de l'Abbaye de Tamié produit, à partir de la fermentation du petit-lait résultant de la fabrication des fromages, du méthane qu'elle utilise pour le fonctionnement de ses chaudières.
C'est en France aussi, près de Lille, que se trouve le plus grand centre européen de valorisation des déchets organiques. Il produit chaque année 4 millions de mètres cubes de bio-gaz (méthane pur à 98%), utilisés pour alimenter la centaine de bus au GNV qui sillonnent l'agglomération Lilloise, le surplus étant vendu à GdF.
Plus encore, la fabrication de bio-méthane va devenir de plus en plus une nécessité incontournable pour lutter efficacement contre l'effet de serre. En effet, s'il n'est pas brûlé, le méthane monte dans les couches hautes de l'atmosphère où il est, dans le phénomène de l'effet de serre, un acteur 10 fois plus virulent que le CO2 . Il est donc impératif de capter et de brûler tout le méthane produit par la fermentation de nos déchets organiques, déchets dont la quantité ne cesse d'augmenter : boues des stations d'épuration, déchets végétaux ou industriels, déchets dérivant de l'élevage intensif, etc., la liste peut être longue.

Encore une fois, le méthane (alias GNV) se présente comme une véritable solution à nos problèmes énergétiques et écologiques !

Les biocarburants